Méthodologie Scientifique

Transparence et rigueur pour mesurer le Numérique Responsable

Scientific Methodology

Transparency and rigor to measure Sustainable IT

WeNR estime les émissions de gaz à effet de serre du système d'information d'une organisation et évalue sa maturité numérique responsable. La méthode, ses sources et ses limites sont publiques : cette page en donne le fond, les documents de référence en donnent le détail.

Ce que WeNR mesure

L'unité de référence est le kilogramme d'équivalent CO2 par an (kgCO2e/an), qui permet de comparer des gaz à effet de serre différents selon leur potentiel de réchauffement global. L'horizon retenu est l'année en cours : WeNR mesure une empreinte actuelle, pas une trajectoire passée ni une projection.

Le périmètre n'est pas géographique mais organisationnel. Il couvre les biens possédés ou loués par l'organisation, y compris des services qu'elle ne détient pas physiquement comme le stockage en ligne. Pour chaque catégorie d'équipement, la méthode collecte les volumes, la durée de vie opérationnelle, les émissions liées à la fabrication et celles liées à l'usage.

Le périmètre, inclus et exclu

Une méthode se juge autant à ce qu'elle écarte qu'à ce qu'elle retient. WeNR délimite les deux explicitement.

Pris en compte

  • Fabrication des équipements de bureau
  • Utilisation des équipements
  • Fabrication des centres de données
  • Stockage en ligne et cloud

Hors périmètre

  • Transmission par les réseaux
  • Centres de données externes à l'organisation
  • Transport des collaborateurs
  • Impacts autres que les gaz à effet de serre

L'exclusion des réseaux et des centres de données externes n'est pas un oubli. La revue critique indépendante en donne la raison : il n'existe pas, à ce jour, de méthodologie publique consensuelle permettant de les attribuer à une organisation donnée. Les inclure sur la base d'hypothèses non partagées rendrait les résultats incomparables d'une organisation à l'autre.

De la même manière, WeNR ne retient que les gaz à effet de serre. Ce parti pris de se concentrer sur un seul type d'indicateur vise la précision : l'eau, les ressources abiotiques ou la biodiversité appelleraient des facteurs d'impact dont la qualité et la disponibilité publique ne sont pas équivalentes à celles du carbone.

Le cadre normatif

La méthode suit la recommandation L.1450 de l'Union internationale des télécommunications, qui décrit la procédure d'évaluation de l'empreinte du secteur des technologies de l'information. WeNR en transpose les étapes à l'échelle d'une organisation :

  1. Définir le but et le périmètre : couverture, horizon temporel, limites organisationnelles.
  2. Choisir l'unité de référence : le kgCO2e/an.
  3. Collecter et analyser les données : volumes, durées de vie, consommations, facteurs d'émission, puis examen de leur qualité, de leur date et de leur incertitude.
  4. Calculer l'empreinte : par catégorie d'équipement, puis consolidation, en distinguant fabrication et utilisation.
  5. Interpréter les résultats : identification des principales sources d'émission et des leviers d'action, comparaison avec d'autres études.

Les sources de données

WeNR n'établit pas ses propres facteurs d'émission. Il s'appuie sur des bases ouvertes et publiques, ce qui permet à un tiers de refaire les calculs :

  • Base carbone de l'ADEME : facteurs d'impact de fabrication.
  • ENERGY STAR : consommations en phase d'utilisation.
  • Déclarations environnementales des constructeurs : émissions liées à la fabrication de leurs équipements.
  • Boavizta : base de données ouverte sur l'impact des équipements numériques.
  • Our World in Data, compilant les revues d'Ember et de BP : mix électriques par pays, complétés par l'Agence européenne de l'énergie pour les vingt-sept.

Le facteur d'émission du pays d'usage pèse lourd dans le résultat final : produire un kilowattheure n'émet pas la même quantité de gaz à effet de serre en France et en Allemagne. C'est pourquoi la méthode demande où sont utilisés les équipements, et non seulement combien il y en a.

Deux analyses complémentaires

L'analyse quantitative calcule l'empreinte carbone du système d'information, en séparant l'impact de la fabrication de celui de l'utilisation. Cette distinction est déterminante : sur les organisations mesurées en 2021, près de neuf dixièmes des émissions provenaient de la fabrication, ce qui déplace les leviers d'action de la sobriété d'usage vers la durée de vie des équipements.

L'analyse qualitative évalue la maturité de l'organisation en matière de bonnes pratiques : gouvernance, sensibilisation, achats, gestion de fin de vie. Une empreinte faible obtenue par défaut d'équipement ne traduit pas la même démarche qu'une empreinte comparable obtenue par des choix délibérés.

Ce que la méthode ne prétend pas être

Les données d'impact du numérique comportent une part d'incertitude de l'ordre de 50 %, selon l'ADEME. Les résultats WeNR doivent se lire comme des ordres de grandeur, utiles pour situer le numérique par rapport au reste du bilan d'émissions d'une organisation et pour suivre une évolution dans le temps. Ils ne constituent pas une mesure exacte.

Deux limites connues méritent d'être signalées. Les consommations issues d'ENERGY STAR sont des valeurs normées : un poste de travail utilisé pour de la bureautique et un poste sollicité intensivement en calcul, en rendu 3D ou en entraînement de modèles d'IA y sont traités de la même façon. Par ailleurs, l'édition 2021 excluait les prestataires extérieurs du périmètre étudié, et la migration massive vers le cloud reste imparfaitement quantifiée.

Ces limites sont documentées plutôt que masquées. Elles orientent les évolutions de l'outil.

Validation indépendante

La Rochelle Université a confié à la Coopérative Carbone une revue critique de la méthode et des bases de données utilisées. Les travaux se sont déroulés de janvier à juillet 2023, en deux phases : l'analyse de l'édition 2022 et ses recommandations d'amélioration, puis la revue critique proprement dite.

Celle-ci a porté sur la note méthodologique, un échantillon de 47 fiches constructeurs alimentant la base Boavizta, des entretiens avec cinq experts français du numérique responsable, et la reproduction indépendante de la chaîne de traitement à partir de cinq bases de données ouvertes, avec comparaison des résultats.

Sa conclusion : WeNR mesure l'impact carbone des systèmes d'information avec les meilleures données publiques disponibles à date, sur le périmètre fabrication, distribution, utilisation et fin de vie des terminaux possédés par l'organisation. L'appréciation qualitative de la maturité est conforme à la note méthodologique.

La revue précise sa propre portée : elle a examiné les bases de données alimentant le programme, sans vérifier la conformité de l'automatisation des traitements. La Rochelle Université et l'INR restent responsables de l'utilisation de l'outil et des calculs produits.

Fondements de recherche

Thèse de Guillaume Bourgeois

Analyse et modélisation de l'impact environnemental du système d'information, soutenue le 19 décembre 2023 à La Rochelle Université, école doctorale Euclide, en informatique et applications. Direction : Vincent Courboulay et Benjamin Duthil, tous deux directeurs scientifiques de l'INR.

La thèse propose un cadre décisionnel fondé sur une modélisation fine de l'impact environnemental des systèmes d'information. Son objet n'est pas seulement de mesurer, mais d'identifier les actions les plus efficaces pour réduire cet impact, en tenant compte des contraintes opérationnelles et financières des organisations. Les outils WeNR en constituent l'application concrète.

Consulter la thèse sur HAL Science ›

Évolutions à venir

L'ADEME, l'Inria et le CNRS ont publié en novembre 2024 une mise à jour du référentiel de catégorie de produit consacré aux systèmes d'information (RCP SI), qui précise les règles sectorielles d'évaluation environnementale applicables aux systèmes d'information des organisations.

Ce référentiel constitue une trajectoire d'évolution pour WeNR : des travaux sont en cours pour l'intégrer aux prochaines versions de l'outil. Il n'est pas appliqué dans l'édition actuelle, et le calendrier de cette intégration n'est pas arrêté à ce jour.

📘

RCP Système d'information (2024)

Méthodologie d'évaluation environnementale des systèmes d'information, publiée le 20 novembre 2024 par l'ADEME, l'Inria et le CNRS.

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Documents de référence

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Note méthodologique WeNR

Le document fondateur : hypothèses, facteurs d'impact, formules de calcul, sources de données et annexes détaillant les catégories de matériel.

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Revue critique indépendante

Revue de la méthode et des bases de données réalisée par la Coopérative Carbone pour La Rochelle Université, avec sa déclaration d'indépendance et le détail de sa portée.

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WeNR estimates the greenhouse gas emissions of an organisation's information system and assesses its sustainable-IT maturity. The method, its sources and its limits are public: this page sets out the substance, the reference documents carry the detail.

What WeNR measures

The reference unit is the kilogram of CO2 equivalent per year (kgCO2e/yr), which allows different greenhouse gases to be compared by their global warming potential. The time horizon is the current year: WeNR measures a present footprint, not a past trajectory nor a projection.

The perimeter is not geographic but organisational. It covers assets owned or leased by the organisation, including services it does not physically hold, such as online storage. For each equipment category, the method collects volumes, operational lifespan, manufacturing emissions and in-use emissions.

The perimeter, included and excluded

A method is judged as much on what it leaves out as on what it keeps. WeNR states both.

Included

  • Manufacturing of office equipment
  • Use of equipment
  • Manufacturing of data centres
  • Online and cloud storage

Outside the perimeter

  • Network transmission
  • Data centres external to the organisation
  • Employee travel
  • Impacts other than greenhouse gases

Leaving out networks and external data centres is not an oversight. The independent review gives the reason: there is, to date, no public consensual methodology for attributing them to a given organisation. Including them on the basis of unshared assumptions would make results incomparable from one organisation to the next.

In the same way, WeNR covers greenhouse gases only. Concentrating on a single type of indicator is a deliberate choice in favour of precision: water, abiotic resources or biodiversity would call for impact factors whose quality and public availability do not match those for carbon.

The normative framework

The method follows recommendation L.1450 of the International Telecommunication Union, which describes the procedure for assessing the footprint of the information technology sector. WeNR transposes its steps to the scale of a single organisation:

  1. Define the goal and perimeter: coverage, time horizon, organisational boundaries.
  2. Choose the reference unit: kgCO2e/yr.
  3. Collect and analyse the data: volumes, lifespans, consumption, emission factors, then examine their quality, their date and their uncertainty.
  4. Calculate the footprint: by equipment category, then consolidated, separating manufacturing from use.
  5. Interpret the results: identify the main emission sources and the available levers, compare with other studies.

Data sources

WeNR does not establish its own emission factors. It draws on open, public databases, so that a third party can redo the calculations:

  • ADEME carbon database: manufacturing impact factors.
  • ENERGY STAR: in-use consumption.
  • Manufacturers' environmental declarations: emissions from producing their equipment.
  • Boavizta: open database on the impact of digital equipment.
  • Our World in Data, compiling the Ember and BP reviews: electricity mixes by country, complemented by the European Environment Agency for the twenty-seven.

The emission factor of the country of use weighs heavily on the final result: producing a kilowatt-hour does not emit the same quantity of greenhouse gases in France and in Germany. That is why the method asks where equipment is used, and not only how much of it there is.

Two complementary analyses

The quantitative analysis computes the carbon footprint of the information system, separating the impact of manufacturing from that of use. This distinction is decisive: across the organisations measured in 2021, close to nine tenths of emissions came from manufacturing, which shifts the levers from frugal usage towards equipment lifespan.

The qualitative analysis assesses the organisation's maturity in good practice: governance, awareness, procurement, end-of-life management. A low footprint obtained through a lack of equipment does not reflect the same approach as a comparable footprint obtained through deliberate choices.

What the method does not claim to be

Data on the impact of digital technology carries an uncertainty of around 50%, according to ADEME. WeNR results should be read as orders of magnitude, useful for placing digital technology against the rest of an organisation's emissions inventory and for tracking change over time. They are not an exact measurement.

Two known limits are worth stating. Consumption figures from ENERGY STAR are normalised values: a workstation used for office work and one heavily loaded with computation, 3D rendering or AI model training are treated identically. Separately, the 2021 edition excluded external suppliers from the perimeter, and the large-scale migration to cloud services remains imperfectly quantified.

These limits are documented rather than hidden. They guide how the tool evolves.

Independent review

La Rochelle Université commissioned Coopérative Carbone to carry out a critical review of the method and of the databases used. The work ran from January to July 2023 in two phases: an analysis of the 2022 edition with its recommendations for improvement, then the critical review itself.

The review covered the methodological note, a sample of 47 manufacturer datasheets feeding the Boavizta database, interviews with five French sustainable-IT experts, and an independent reproduction of the processing chain from five open databases, with a comparison of results.

Its conclusion: WeNR measures the carbon impact of organisations' information systems using the best public data available to date, across the manufacturing, distribution, use and end-of-life of terminals owned by the organisation. The qualitative assessment of maturity conforms to the methodological note.

The review states its own scope: it examined the databases feeding the programme, without verifying that the processing automation conforms to them. La Rochelle Université and INR remain responsible for the use of the tool and for the calculations produced.

Research foundations

Guillaume Bourgeois's doctoral thesis

Analyse et modélisation de l'impact environnemental du système d'information (Analysis and modelling of the environmental impact of the information system), defended on 19 December 2023 at La Rochelle Université, Euclide doctoral school, in computer science and applications. Supervised by Vincent Courboulay and Benjamin Duthil, both scientific directors of INR.

The thesis proposes a decision-support framework built on fine-grained modelling of the environmental impact of information systems. Its purpose is not only to measure, but to identify the most effective actions for reducing that impact, taking into account the operational and financial constraints organisations face. The WeNR tools are its concrete application.

Read the thesis on HAL Science ›

What comes next

In November 2024, ADEME, Inria and CNRS published an update to the product category rules for information systems (RCP SI), which set out the sector-specific rules for environmental assessment applicable to organisations' information systems.

This framework represents a direction of travel for WeNR: work is under way to incorporate it into future versions of the tool. It is not applied in the current edition, and no timetable for that work has been set at this stage.

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RCP Information Systems (2024)

Environmental assessment methodology for information systems, published on 20 November 2024 by ADEME, Inria and CNRS. French-language document.

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Reference documents

📄

WeNR methodological note

The founding document: assumptions, impact factors, calculation formulas, data sources and annexes detailing the equipment categories. French-language document.

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Independent critical review

Review of the method and databases carried out by Coopérative Carbone for La Rochelle Université, with its declaration of independence and the detail of its scope. French-language document.

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